Dès l'arrivée des beaux jours dans la Drôme, l'Ardèche et l'Isère, le scénario se répète : les repas en terrasse tournent court et les nuits sont rythmées par un bourdonnement agaçant. L'invasion des moustiques a commencé.
Ces insectes volants, qui ont besoin d'eau pour se reproduire, ne s'en prennent pas à vous par méchanceté. L'équipe d'ANH Services vous explique pourquoi ils vous piquent, à quoi ils servent dans la nature, et surtout comment identifier la nouvelle espèce invasive très problématique qui gâche vos journées.
1. Quels sont les moustiques que l'on croise dans nos jardins ?
Il existe de nombreuses espèces de moustiques, mais dans notre région, 2 espèces principales s'invitent généralement autour de nos habitations :
- Le Moustique commun (Culex pipiens) : C'est le moustique "historique" de nos nuits d'été. Il est brun, pique presque exclusivement à la tombée de la nuit ou dans l'obscurité, et se repère facilement grâce à son bourdonnement strident près de nos oreilles.
- Le Moustique anophèle (Anopheles) : Plus rare autour des maisons urbaines, on le croise surtout près des grands étangs et des zones très marécageuses. Sa posture est particulière : au repos, son corps est incliné vers le haut.
- LA MENACE INVASIVE : Le Moustique Tigre (Aedes albopictus)
C'est le cauchemar actuel des habitants de la vallée du Rhône. Originaire d'Asie, cette espèce s'est parfaitement adaptée à nos climats et colonise nos milieux urbains et périurbains.
Comment le reconnaître ? Il est tout petit (moins de 5 mm), de couleur noire avec des rayures blanches bien nettes sur les pattes et le corps. Surtout, il est diurne : il pique la journée, silencieusement, souvent au niveau des chevilles. Outre ses piqûres très douloureuses, il est le principal vecteur de maladies tropicales comme la Dengue, le Zika ou le Chikungunya.
2. Quel est le rôle écologique des moustiques endémiques ?
Avant de vouloir exterminer tous les moustiques de la planète, il est important de rappeler qu'ils occupent une place centrale dans la biodiversité de nos jardins :
- La Pollinisation : Contrairement aux idées reçues, la nourriture principale des moustiques (mâles comme femelles) est le nectar des fleurs. En passant de fleur en fleur, ils participent activement à la pollinisation, au même titre que les abeilles ou les papillons.
- Le rôle de filtreur : Les larves de moustiques vivent dans l'eau et se nourrissent de micro-organismes, de bactéries et de déchets organiques, participant à la filtration des eaux stagnantes.
- Le pilier de la chaîne alimentaire : Les moustiques adultes sont une source de nourriture vitale pour les oiseaux (hirondelles, martinets), les chauves-souris, les libellules et les araignées. Les larves, quant à elles, nourrissent les poissons et les batraciens.
⚠️ Le saviez-vous ? Seules les femelles piquent
Le moustique ne se nourrit pas de votre sang. Au quotidien, mâles et femelles boivent le jus sucré des plantes. Cependant, après l'accouplement, la femelle a besoin d'un apport massif en protéines pour faire maturer ses œufs. C'est uniquement pour cette raison qu'elle pique les mammifères ou les oiseaux. Le mâle, lui, ne pique jamais.
3. Pourquoi s'en prennent-ils à moi ?
On entend souvent "j'ai le sang sucré" ou "ils aiment la lumière". Ces croyances sont fausses. Les moustiques sont dotés de capteurs ultra-sensibles qui les guident vers leurs cibles :
- Le dioxyde de carbone (CO2) : C'est le signal numéro 1. Un moustique peut repérer le CO2 que vous expirez en respirant à plus de 30 mètres de distance.
- L'acide lactique et la sueur : Les odeurs corporelles, l'acide lactique sécrété lors de la transpiration et même certaines bactéries naturellement présentes sur notre peau agissent comme un aimant.
- La chaleur corporelle : À courte distance, les capteurs thermiques du moustique le guident vers les zones les plus chaudes et les plus vascularisées de votre corps (chevilles, poignets, cou).
4. Prévention : Comment bloquer la prolifération ?
Pour le moustique tigre particulièrement, la lutte passe à 80 % par la suppression de ses lieux de ponte ("les gîtes larvaires"). Une femelle pond dans de toutes petites quantités d'eau stagnante :
- Videz systématiquement : Les coupelles sous vos pots de fleurs (ou remplissez-les de sable), les cendriers extérieurs, les pneus usagés, et les jouets des enfants laissés sous la pluie.
- Curez régulièrement : Les gouttières, les chéneaux et les rigoles d'évacuation doivent être nettoyés pour que l'eau ne s'y accumule pas.
- Couvrez hermétiquement : Si vous avez des fûts ou des récupérateurs d'eau de pluie, couvrez-les avec une moustiquaire très fine ou un couvercle étanche.